La fin des avis Google pour les chirurgiens-dentistes en 2026 ?

Ecrit par Julien VERVEL

Temps de lecture estimé : 9 minutes

Un système d’avis inadapté aux exigences des acteurs de la Santé

Les avis Google pour les Dentistes, une problématique amplifiée par l’ère du numérique

Une demande institutionnelle pour la fin des notations médicales qui gagne en légitimité

Au-delà de Google : l’E-réputation, un enjeu global et stratégique pour le développement de votre activité libérale

Vers un modèle plus éthique de réputation médicale ?

L’année 2026 pourrait marquer un tournant majeur pour la profession dentaire française. Depuis plusieurs mois, la question de la légitimité, et même de l’existence des avis Google concernant les chirurgiens-dentistes s’impose dans le débat public. Face à des dérives persistantes, à l’impossibilité pour les praticiens de répondre sans enfreindre leurs obligations déontologiques et à l’inadéquation des plateformes généralistes avec les réalités du soin, l’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) plaide désormais pour leur suppression totale. Une démarche inédite qui ouvre la voie à une refonte des mécanismes de réputation en ligne dans le secteur de la santé.

Un système d’avis inadapté aux exigences des acteurs de la Santé

Le Conseil national de l’Ordre a officiellement demandé au ministère de la Santé d’intercéder auprès de Google afin d’obtenir la suppression systématique des avis relatifs aux chirurgiens-dentistes. Un constat s’impose : ces évaluations, loin de constituer un outil fiable, semblent aujourd’hui davantage perturber que contribuer à l’orientation éclairée des patients.

Contraints par le secret professionnel, les praticiens ne peuvent répondre publiquement à des critiques, même lorsqu’elles sont manifestement diffamatoires ou infondées. Or, les mécanismes proposés par Google pour contester un avis litigieux apparaissent, dans la pratique, particulièrement inefficaces. De nombreux dentistes se retrouvent ainsi piégés : accusés publiquement sans possibilité d’apporter un éclairage, de nuancer ou de démentir.

Cette asymétrie entre la liberté de parole des patients et les obligations déontologiques des soignants crée un déséquilibre structurel. Elle constitue l’un des arguments centraux avancés par l’Ordre : un système qui empêche une réponse contradictoire ne peut être considéré comme équitable.

Les avis Google pour les Dentistes, une problématique amplifiée par l’ère du numérique

L’évolution de la société vers un environnement digital omniprésent a profondément transformé la manière dont les patients choisissent leur praticien. Les plateformes de prise de rendez-vous, comme Doctolib, sollicitent déjà des retours d’expérience, sans qu’ils soient publics, mais contribuent à installer une culture du « rating » appliquée au domaine du soin.

Parallèlement, les réseaux sociaux et les moteurs de recherche offrent aux patients la possibilité d’évaluer un dentiste comme ils le feraient pour un restaurant ou un service commercial. Cette confusion des catégories pose un problème éthique majeur : la relation de soin n’est pas un produit, et l’expérience subjective d’un patient ne saurait résumer la réalité d’une prise en charge clinique.

Outre la fiabilité discutable de certains commentaires, l’impact émotionnel de ces avis sur les praticiens n’est pas négligeable. Nombre d’entre eux témoignent d’un sentiment d’impuissance face à des attaques qui peuvent détruire une réputation construite sur plusieurs décennies.

Une demande institutionnelle pour la fin des notations médicales qui gagne en légitimité

L’ONCD a porté la question au Ministère de la Santé, en sollicitant une intervention directe auprès de Google. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où le géant américain a déjà accepté, en avril 2025, de supprimer les avis concernant les établissements publics d’enseignement général.

L’Ordre souligne que les arguments employés par l’Éducation nationale sont identiques à ceux invoqués par les chirurgiens-dentistes : impossibilité d’apporter une réponse, asymétrie de la parole, vulnérabilité face aux propos abusifs.

La Direction générale de l’offre de soins (DGOS) a émis un avis favorable, renforçant la crédibilité du dossier. Si le sujet ne figure pas parmi les priorités politiques immédiates, il est désormais entre les mains du ministère. Une évolution réglementaire à horizon 2026 n’est donc plus hors de portée.

Au-delà de Google : l’E-réputation, un enjeu global et stratégique pour le développement de votre activité libérale

En tant que consultant en E-réputation médicale et directeur de l’agence HEALTHCIE, j’observe quotidiennement une confusion récurrente : l’e-réputation ne se réduit pas à la note apparaissant sur Google. Celle-ci n’en constitue qu’un vecteur parmi d’autres.

L’E-réputation d’un chirurgien-dentiste repose sur un ensemble cohérent et maîtrisé :

  • Le site web professionnel, véritable pilier de visibilité, dont la qualité et la stratégie de référencement conditionnent la première impression du patient.
  • Les contenus présents sur les forums, blogs, agrégateurs et plateformes de santé, qu’il convient de suivre et d’analyser.
  • Les réseaux sociaux, qui façonnent progressivement la perception de l’humanité, du sérieux et de la pédagogie du praticien.
  • Enfin, les avis Google, qui ne devraient être qu’un élément complémentaire, et non l’unique prisme d’évaluation.

Même si leur suppression venait à être actée, la gestion de l’image numérique resterait un impératif stratégique pour la profession. L’absence d’avis n’éteindra ni les discussions sur les forums, ni les mentions spontanées, ni les contenus non maîtrisés. Le défi consistera alors à structurer une présence en ligne conforme à la déontologie, protectrice et informative pour le patient.

Vers un modèle plus éthique de réputation médicale ?

La possible suppression des avis Google pour les chirurgiens-dentistes en 2026 pourrait ouvrir la voie à un modèle repensé, plus éthique et plus compatible avec les impératifs du soin. L’objectif n’est pas d’échapper à l’évaluation, mais d’éviter les dérives d’un système inapproprié aux acteurs du soin. 

Dans cette transition, les praticiens devront considérer leur e-réputation comme un actif stratégique et non comme une simple contrainte. L’accompagnement par des spécialistes devient alors essentiel pour concilier visibilité, conformité déontologique et protection de l’image professionnelle.

La question qui se pose désormais n’est plus de savoir si les avis Google disparaîtront, mais plutôt quand et par quoi ils seront remplacés. 2026 pourrait bien constituer, pour la profession dentaire, l’année d’un changement structurel majeur qui pourrait inspirer d’autres disciplines. 

Affaire à suivre !

Julien VERVEL - Expert E-réputation médicale

Fondateur de l'agence HealthCie

Expert E réputation des medecins

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